Les fondements

Au 5e siècle, un moine venu d’Inde et qui s’appelé Bodhidharma, s’installa dans le temple de « Shaolin » (monastère de la petite forêt -少林寺- shǎolín sì en Chinois) dans le Nord de la Chine. Ce dernier fu créé au 1er siècle de notre ère par le moine Batuo dit le « Premier Ancêtre » et obtenu le titre de « Premier Monastère sous le Ciel », par l’Empereur Xiaowen (Chao Wen) en 496.

Pendant neuf ans, Bodhidharma pratiqua la méditation bouddhique parmi les autres moines du temple.

La tradition affirme que ces bonzes, mal nourris, ne supportaient que très mal l’immobilité de la méditation. Bodhidharma ayant pratiqué très jeune avec son père diverses formes de combat plus ou moins gymniques (proche du Kalaripayat), mit au point une méthode connue sous le nom évocateur de « Nettoyage des muscles et des tendons, purification de la moelle et des sinus » (« Yijing kingyi suijing » ou encore « I chin ching »), ou l’Ekkinkyo (Ekki Kin Kyo Jya) en Japonais.

Cette méthode fut considérée par certains comme étant à l’origine des diverses pratiques martiales pratiquées au Monastère de la Petite Forêt et par la suite de la plupart des arts martiaux chinois et indirectement des arts martiaux japonais (Bujutsu et Budo).
La diffusion de ces techniques a été possible lors de l’invasion du temple Shaolin qui a forcé les moines à fuir dans toute la Chine et donc à diffuser ces techniques.

Les origines okinawaiennes

Sonchoo Karate-Do miyagiEn 1409, le roi chinois Sho Hashi envahie et unifie l’archipel d’Okinawa et interdit la possession et l’usage des armes, craignant des révoltes populaires. Après l’invasion de l’île par le clan Satsuma en 1609, les armes sont également interdites par les Japonais. Cette interdiction contraint les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser les envahisseurs à mains nues.

Après avoir été importé de Chine, le karaté a été développé et perfectionné à Okinawa[4]. Les plus grands experts de la fin du XIXe siècle et du début du XXe (dont Hanashiro Chomo, Chotoku Kyan, Azato Yasutsune (le premier maître de Funakoshi), Kentsu Yabu, Ankō Itosu (le second maître de Funakoshi), Chibana Shōshin (l’un des condisciples de Funakoshi), Gichin Funakoshi, Kanryō Higaonna, Chōjun Miyagi (disciple du précédent), Kenwa Mabuni (autre condisciple de Funakoshi), … sont tous originaires d’Okinawa. À part Kanryō Higaonna, et Chōjun Miyagi son disciple et successeur, tous les autres, sans exception, sont des disciples, directs ou indirects de Sokon Matsumura (1809 – 1896).

Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa qui est le berceau du karaté tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Mais ce dont on est sûr c’est que ces techniques ont été importées en grande partie de Chine, la culture d’Okinawa étant encore plus sinisée que la culture japonaise. Les Okinawaïens avaient aussi des techniques martiales qui leur étaient propres, comme la rotation axiale du poing dans les coups de poing et les blocages.

Pour ces raisons, les habitants d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te, (nom donné au « Tō-de » à partir de la 2e moitié du XIXe siècle, en réaction à la domination japonaise) en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes). Te signifiant « main », Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.